Ouzo les femmes ?

Celle-ci est vraiment très mauvaise, croyez bien que je le regrette1.

Juste quelques mots en passant pour dire que, bon, y’en a qui partent pas en vacances, hein, suivez mon regard.

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi le premier ministre grec, après avoir obtenu le soutien de ses électeurs, a choisi de capituler face aux instances européennes diverses.

D’autant qu’il a eu non seulement le soutien des électeurs grecs, mais également de prix Nobel d’économie, d’un ancien pervers, pardon, président du FMI, et qu’il semble qu’il soit impossible de mettre de force la Grèce hors de la zone euro, à moins que son gouvernement ne soit d’accord.

Ce que je comprends encore moins, c’est que tous ceux qui ont eu à négocier un tant soit peu2 savent qu’une fois qu’on a posé une option, il faut aller jusqu’au bout.

Une fois posée la possibilité de refuser de plier aux exigences, si d’un coup on cède aux demandes sans montrer vraiment les dents, l’interlocuteur aura beau jeu la prochaine fois d’ignorer toute velléité de résistance, puisqu’il saura que de toute façon, on rendra les armes sans combattre.

Je trouve aussi que l’erreur tactique se double d’une faute politique : comment faire confiance à un représentant qui s’assied sur ce qu’il vous a demandé de trancher?

Le vrai danger maintenant, c’est que l’extrême droite, si elle n’est pas trop bête3 en tire parti politiquement et que la prochaine vague en Grèce soit non plus rose-rouge mais bien marronasse.

Où je reviens dans mon petit Liré, tel celui là qui conquit la toison.

Que cela serve de leçon à ceux qui chez seraient tentés de croire que le peuple est la réponse absolue à tous nos mots. Le peuple, masse informe et indéfinie, que ceux qu’il a élu piétinent ensuite. Au final, ils auront fait comme leurs prédécesseurs, avec un mépris de classe peut être moins affiché, mais est ce que le résultat aura été si différent au fond?

On m’opposera peut-être la fameuse révocabilité des élus. Peut être, mais le mal a déjà été fait, on aura beau jeu de renvoyer le gonze dans ses pénates ensuite.

Le vrai problème, à la fois théorique et pratique, dans tout cela, c’est peut être au fond celui de la représentativité politique et du moyen d’action collectif.

Comment faire pour que la volonté du peuple4 ne soit pas trahie une fois la décision légitimement prise par une assemblée souveraine? Est il raisonnable de faire reposer ce poids sur une seule personne, ou bien faut-il un triumvirat5 dont l’intégralité des signatures sera nécessaire pour que ses actes soient légitimes?

Ce que cela veut dire aussi, c’est qu’il faut bien arrêter de prendre les messies pour des lanternes. Croire qu’un homme seul sera la réponse providentielle et pourra avec ses petits bras musclés changer le monde est au mieux une naïveté absolue6. C’est d’ailleurs un peu l’antithèse même de la politique – si on comprend par là la forme d’organisation collective de la société.

Où je raconte une anecdote digne d’un gourou, pour finir par une banalité.

Quand j’étais plus jeune, je suis tombé sur un petit livre expliquant aux occidentaux la pratique de la méditation indienne. On y trouvait notamment ce petit conseil véritablement plein de sagesse au sujet de la spiritualité : rien ne sert d’aller chercher au bout du monde des maîtres pleins de sagesse, il suffit de trouver ce qui te convient et de l’explorer. Pas besoin d’aller chercher un yogi au fin fond de l’Himalaya si tu te sens inspiré par un quelconque mouvement charismatique plus proche de ta culture7.

On sera bien inspiré de faire de même en politique : s’inspirer de pratiques et de pensées venues d’ailleurs, bien sûr. Vouloir transplanter tel quel un mouvement, comme si il existait une recette infaillible, voilà une erreur qu’un peu de culture matérialiste devrait permettre d’éviter.

Comment peut-on ne pas tenir compte des conditions concrètes actuelles et penser que ce qui a pu marcher dans un contexte particulier peut s’appliquer comme on greffe une bouture sur un arbre d’une autre espèce?

Où j’essaie de conclure.

Au final, je crois que tout ceci aura été un beau gâchis. Je crois que cela montre bien que sans contrepoids, sans rapport de force, on finit toujours par rentrer dans le rang aussi nobles aient pues être nos intentions de départ.

Est ce qu’une pression plus grande du mouvement social organisé ou non et du propre parti du premier ministre grec auraient pu le faire changer d’avis? Est ce qu’une grève générale aurait pu renvoyer les représentant européens dans les cordes? Au moins, on aurait pu faire griller des merguez sur des brasero improvisés devant les usines en buvant de l’ouzo8.

  1. Celle-là est vraiment mauvaise. ↩︎
  2. Ou à jouer au poker, le principe est le même. C’est pas pour rien qu’on modélise souvent les prises de décisions en passant par les outils de la théorie des jeux, en même temps. ↩︎
  3. Ce qui scientifiquement reste très douteux. ↩︎
  4. Oui, j’utilise ce terme aussi. Si j’avais dit soviet, tu te serais probablement enfui, alors que pour moi c’est sensiblement la même chose,. Ne va pas mettre d’idéalisme mal placé derrière ce mot. ↩︎
  5. C’est déjà plus dur de corrompre trois personnes, mais pas impossible. Un decavirat ? un multivirat? ↩︎
  6. Dans les faits, c’est une connerie absolue. ↩︎
  7. Et si en plus ils offrent le café, tant mieux. ↩︎
  8. Et je finis enfin par reboucler sur mon titre. ↩︎

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