Fiction I

‟ Oh, une étoile filante! Une autre, là-bas! Et encore une autre!
Chérie, tu dors? C’est pas le moment, regarde le ciel!

Telles furent les dernières paroles de l’humanité.

PS : J’ai probablement réussi à plagier Asimov, Bradbury et Brown en moins de 4 lignes. Je prends ça pour une réussite personnelle.

Zombis repetita

Les zombis ont la cote, personne ne dira le contraire. Ils ont parcouru pas mal de chemin1 depuis que Romero leur a fait hanter les nuits des amateurs de cinéma en 68.

Ils ont été plus ou moins rapides, plus ou moins voraces, plus ou moins malins. On a essayé de voir le monde à travers leurs yeux2.

Les premiers zombis devaient nous renvoyer à la culture de la consommation de masse. Le temps passant3, ils sont devenus tantôt l’étranger qui cherche un coin où vivre, tantôt l’ennemi intérieur qui n’attend qu’une faille dans notre vigilance pour nous dévorer.

Pourquoi je te raconte tout ça?

En ce moment, on fortifie le tunnel sous la manche, on veut renforcer la garde tout autour de ses entrées. Les fameux pays civilisés et industrialisés se rejettent la responsabilité d’avoir transformé la méditerranée en cimetière, et quand certains cherchent des solutions, d’autres les imaginent finales.

Parce que ces gens ont déjà parcouru des milliers de kilomètres en laissant derrière eux leur famille, leur pays, leur vie, espèrent juste trouver un endroit moins infernal que celui qu’ils ont quitté4.

Et plutôt que de les traiter en humains5, on les repousse comme dans les films on repousse les zombis qui viennent s’échouer contre la muraille censément inviolable qui préserve l’oasis des derniers survivants.

Mais tu as déjà vu un film de zombis qui finit bien, toi?

  1. Lentement, et en perdant des morceaux. ↩︎
  2. Pour certains, à travers leurs orbites vides. ↩︎
  3. Et les crédits à la consommation ne faisant plus peur à personne. ↩︎
  4. Quel immigré d’infortune n’aurait pas aimé rester dans ses collines et ses dunes? assassin représente ↩︎
  5. Par exemple, en évitant de raser tous les quatre matins les semblant d’abris qu’ils arrivent à fabriquer, parce qu’il ne faudrait pas non plus qu’on leur fournisse des conditions de survie décentes, non. ↩︎