Vous reprendrez bien une tasse de thé?

Comme dit plus haut (coffee c’est fini), je suis passé au thé (au jus de chaussettes comme disent certains) et je vous ai raconté mes recherches de thé chinois à un prix honnête.

Ce thé me paraît une bonne introduction au pu-erh si vous voulez tenter l’aventure. Le prix est raisonnable, il est boisé tout en restant subtile, il supporte un bon nombre d’infusions, bref, un bon pu-erh pour moi. 


Coffee c’est fini

Je me suis mis à boire du café quand j’ai commencé à travailler. Je suis pas bien vieux pour autant, mais ça fait quand même un temps certain, autant dire donc que j’ai longtemps bu du café.

Je n’en bois plus.

Au bureau, on fonctionnait plus ou moins en bonne intelligence (c’est bien le seul truc intelligent dans ce bureau), on achetait filtre et café à tour de rôle.

Oui mais voilà : il ne fallait pas n’importe quel café, il fallait du grand mère, le palais des collègues ne supportant pas l’italien (pourtant pas mauvais) ni le robusta (pourtant pas plus dégueu qu’un autre).

Oui mais voilà encore : on (je) a recruté un gros buveur de café. Quand je dis gros, on parle d’un gars qui consomme à lui seul autant que les trois buveurs de café du service.

Autant dire que j’ai tiqué quand il fallu commencer à ramener chacun deux paquet de café par semaine pour tenir la cadence. Ajoutez à ça que ma tasse pac-man que je culottais avec amour (pas lavée une seule fois en trois ans de café) a disparue au bureau sans que j’arrive à remettre la main dessus, n’en jetez plus, la coupe est pleine et ainsi de suite.

Je me suis mis au thé. Ma douce avait quelques infusions plutôt pas trop mauvaises, et avait un jour acheter du thé au jasmin à l’épicerie chinoise (ça a son importance) qui n’est plutôt pas mauvais. J’ai réinvesti (deux euros) dans un joli mug transparent et j’ai appris à remplir ma boule à thé.

Pour ne pas mourir bête (ou ne pas mourir tout court, même si le risque d’overdose de thé est quand même assez faible), je me suis documenté un peu. J’avais lu quelques polars chinois dans lequel ça parlait un peu de thé, j’ai donc commencé par regarder du côté de la Chine comment on consommait le thé.

Et ben dites donc. Vaste sujet.

D’abord, j’ai appris qu’on pouvait parfaitement infuser le thé plusieurs fois, et qu’à chaque infusion le goût changeait. En pratique, avec une seule dose, je peux me faire suivant la qualité du thé au moins 5 infusions, autant dire que je tiens facilement la journée.

Ensuite, il y a cette histoire de température de l’eau et de durée d’infusion qui varie en fonction du type de thé.

Ah ah. Le type de thé.

Ben oui. Thé vert, thé noir, thé blanc, la région d’origine, l’âge du thé (oui oui). Bref, le thé, c’est au moins aussi riche et complexe que le vin et la bière. Comme je suis un peu snob maniaque, je ne m’occupe pas des thés aromatisés ou parfumés (à part mon thé au jasmin, parce que bon, c’est pas mauvais). Exit donc les kusmi, palais des thé etc. Je tente le thé, rien que le thé, tout le thé.

Quelle drôle d’idée. Promenez vous en grande surface, ou même en maison de thé tout venant : il y a profusion d’infusion et de thés bidouillés, mais du thé sans rien, généralement, ça se limite au gunpowder (ce qui est déjà un début). L’offre est un peu pauvre pour ne pas dire carrément inexistante.

J’ai donc été faire un tour sur internet. Sur les sites francophones ou anglophones on trouve déjà plus de choses. Maiiiiiiiis…. à quel prix. Pour un thé Oolong un peu correct (un thé semi oxydé, entre le thé vert et le thé noir – délicieux), c’est entre 9 et 15 euros les 100 grammes. Vous trouvez ça pas cher pour un thé de qualité? c’est vrai… Mais n’ayant pas pu les goûter avant, j’étais un peu réticent à passer à l’acte (d’achat).

Dimanche passé, petit tour à l’épicerie chinoise de chez nous pour refaire le stock de sauce et de pâtes de riz, j’en profite pour regarder le rayon des thés. 125 grammes de Oolong (bon, pas estampillé bio mais on va pas en mourir, enfin pas plus que du reste) pour 3 euros. Et le Pu Erh ? 4 euros et des poussières pour 227 grammes . Normalement  celui là est encore plus cher quand on en trouve suivant sa qualité et son millésime(on parle de prix entre 20 et 150 euros, voir plus suivant l’âge). C’est sûr qu’on est pas sur du super millésime, mais est ce qu’on boit tous les jours des vins qui ont plus de 15 ans de garde? Non? Bon ben voilà.

Me voilà donc avec mes petits thés pas chers, qui sont déjà bien satisfaisant pour ma consommation courante. En passant, je vous recommande le Oolong. Ils sont forcément tous différents, mais celui que je bois en ce moment par exemple a un petit goût de miel fumé bien surprenant. Et oui, le thé, ce n’est de l’eau de vaisselle que quand on infuse mal des vilaines feuilles mélangées à n’importe quoi.

Et puis comme il paraît que je suis un peu maniaque quand je me lance, j’ai fini par trouvé un petit site basé à Honk Kong (oui, parce que j’ai bien regardé sur les plates formes style Ali Baba, mais là ils voulaient me vendre le thé à la tonne et ma femme n’était pas trop d’accord pour que je stocke ça dans le garage). Wow. Du choix sur tous les types de thés que je voulais goûter, des ustensiles plus mignons les uns que les autres, et surtout du thé sous sa forme la plus old school : compressé. Oui oui, compressé. De ce que j’en ai lu, on compressait le thé pour le transporter plus facilement. Les briques de thé servaient même de monnaie. C’est encore la forme la plus courante sous laquelle on trouve le thé Pu Erh. On se retrouve donc avec des galettes, des boules ou des briques de thé, et ça se conserve bêtement à température et hygrométrie ambiante.

J’insiste sur le thé Pu Erh parce que c’est vraiment un truc à part. C’est un thé noir qui peut être soit fermenté naturellement (cru) , soit accéléré (mûr – si j’ai bien compris la différence), et qui a la particularité de continuer à vieillir, comme du vin ou de la bière en somme. C’est pour ça qu’on précise souvent la date de la récolte, et c’est aussi pour ça que les prix peuvent grimper très très vite.

En ce qui concerne l’infusion, c’est pareil, c’est à part. On trouve sur internet de très bons articles et des vidéos qui expliquent comment faire, mais en gros, c’est un thé qu’on réhydrate très rapidement, en jetant la première eau, avant de le faire infuser pour de bon. Il me manque quelques ustensiles pour l’infuser à la chinoise, du coup je me débrouille avec ma petite boule à thé mais le résultat n’est pas trop trop mauvais. Le temps d’infusion est ultra court – j’ai fait ma première dégustation avec 20 secondes d’infusion, à comparer avec les 2/3 minutes pour une première infusion d’Oolong. Comme d’hab, il faut se fier à son nez et à la couleur du thé pour savoir quand retirer les feuilles, mais globalement ça va très très vite. A la deuxième infusion, j’ai laissé un pouillème plus longtemps, et effectivement, le goût  avait encore changé. Il paraît que c’est autour de la quatrième infusion que le thé s’épanouit vraiment.

Aaaah, et le goût. C’est fumé. Très fumé. Avec un petit goût de terre. Je n’ai gouté que du Pu Erh cru pour l’instant, j’ai en aussi du mûr que je goûterai plus tard.

Pour finir toutes ces ratiocinations, quelques photos parce que c’est toujours joli :