Toute toute première fois

Voilà , il faut une première fois à tout : j’ai cuisiné une recette chinoise.

Ah ah, trop facile me direz vous – oui mais voilà, cette recette, je l’ai traduite. 

Toujours trop facile ? Oui, mais je l’ ai traduite du chinois.  Ce qui tout de suite pimente la chose.

Bon, évidemment, j’ai eu pas mal recours au dictionnaire, mon niveau de chinois se limitant à reconnaître quelques sinogrammes et à faire des phrases simples, mais au final, d’après mon goûteur, le résultat est plus que satisfaisant.

Voici donc *roulement de tambour* le bœuf aux oignons et aux carottes.

Ingrédients 

  • du bœuf
  • 1 ou 2 beaux oignons
  • 1 carotte 
  • de la sauce soja claire
  • du vin de cuisine shaoxing ou autre
  • du bouillon ( dans la recette c’est un bouillon de poule, que j’ai remplacé par un bouillon de bœuf)
  • un bol d’amidon type maïzena délayé

On commence par nettoyer les légumes et les couper en julienne. On coupe la viande en morceaux peu épais ( pour la cuisson au wok).

On met un peu d’huile dans le wok et on dore la viande. On la réserve pour faire sauter les oignons et la carotte.

On remet la viande, on ajoute la sauce soja et le vin de cuisine. Quand ça réduit un peu on ajoute du bouillon et l’amidon délayé pour épaissir la sauce qu’on laisse réduire.

Et voilà!

Le silence des oiseaux

Cette année, j’ai décidé de soigner un peu mieux les oiseaux de mon jardin. L’année dernière je leur avais installé deux petites mangeoires, mais cette année je franchis un échelon. 

Je leur ai installé des petites boules de graisses (toutes faites, c’est à voir si jamais je lance ma propre production) farcies de baies et de vers. 

Je leur ai aussi installé une vraie mangeoire protégée de la pluie ( sinon les graines germent,et oui!) et garnie de graines adaptées à mes petits protégés préférés, les mésanges ( mais les étourneaux ne crachent pas non plus dessus)..

Il me reste à trouver une solution pour leur laisser de l’eau à disposition.

J’ai aussi construit un nichoir ouvert pour les merles qui passent que je dois installer, et par facilité j’ai acheté un nichoir à mésange que j’ai installé. J’ai remarqué que ces petites curieuses commençaient déjà à s’y intéresser.

Pour pouvoir regarder tout ce petit monde bien au chaud depuis ma cuisine, j’ai ressorti ma paire de jumelles. Le grossissement est un peu trop fort, il faudrait que j’en trouve de plus adaptées mais pour l’instant c’est très bien.

Et évidemment, pour les reconnaître, ces petits oiseaux, j’ai investi dans un guide très bien fait.

Il est très pratique, avec des photos des oiseaux dans différentes postures et sur chaque espèces un renvois vers les espèces les plus ressemblantes pour faciliter l’identification précise. 

Voilà , pensez à laisser à manger et à boire dans votre jardin, les oiseaux vous remercieront.

Le jour où j’ai rencontré ma maladie

Je suis malade.

Souvent, quand on est malade, on a de la fièvre, ou on arrive plus à respirer après avoir monté les escaliers, ou on ne digère plus le fromage à raclette et on finit invariablement aux toilettes. Moi c’est le poisson qui me fait ça,mais c’est pas ça ma maladie. Dans ces cas là, le médecin jette un coup d’œil, voit d’où ça vient et on s’en tire avec quelques médicaments ou une bonne opération.

Moi j’ai une maladie discrète : elle est entièrement dans ma tête. Enfin je dis discrète parce que j’ai pas le nez qui coule ou de boutons,mais une fois qu’on le sait on se rend compte que la maladie pointe tout le temps le bout de son nez.

J’avais envie de rien. Plus de pêche, plus de bricolage, plus de jardinage. 

Rien ne me faisait plaisir, même un bon repas.

Je ne supportais plus rien, plus de bruit, plus de contact, tout était insupportable.

J’etais toujours de mauvais poil, prêt à exploser.

Je voyais le mal partout au propre comme figuré : j’imaginais toujours le pire pour ma famille ( meutre, accident, et autres joyeusetés de faits divers).

Je me réveillais 5 ou 6 fois par nuit.

Bref, je suis dépressif à trouble de l’anxiété, ou un truc du genre.

C’est probablement pas venu d’un coup, et ça fait certainement longtemps que ça couve : depuis mon premier mariage raté ou peut être même avant. La dépression s’est installée tout doucement jusqu’à ce qu’elle devienne ma seconde peau.

Forcément, je ne me suis rendu compte de rien. Il a fallu ma femme, ma meilleure amie, un accident de voiture et un petit burnout pour que j’accepte de dire que non, ça n’allait pas.

Je commence à aller mieux. Enfin, moins mal. Je suis en repos depuis presque deux mois, et j’en ai encore pour presque autant, histoire de me requinquer. J’ai des médicaments qui permettent d’alléger les symptômes et de traiter le fond.

Il ne faut pas avoir peur des médicaments. D’abord, l’accoutumance et la dépendance, pour ce que j’en vois dans mon cas, c’est pas vraiment le problème. Et ils me permettent de fonctionner presque normalement. Bon je suis un peu défoncé dans la journée mais rien de grave.

Parlant de défonce, si vous voulez diminuer la consommation d’anxiolytiques, légalisez le cannabis, tout le monde s’en portera mieux.

Je ne suis pas encore guéri. Je fais un peu de yoga et de méditation pour aider à me recentrer. J’observe les oiseaux que je nourris dans mon jardin. Je retravaille un peu le bois. J’ai découvert que j’aime dessiner,après des années à être persuadé que j’en étais incapable.

Bref, je suis convalescent, mais je me soigne.

C’est pas parce que c’est dans la tête que c’est pas une vraie maladie. Parlez autour de vous, faites vous aider si ça va pas et surtout n’ayez pas honte d’être malade. Vous n’y êtes pour rien, alors ne vous laissez pas pourrir la vie sans demander de l’aide.

Et pardon à tous ceux que j’ai pu blesser quand la maladie me rendait invivable.

Des bisous.

Serre, serre , serre vidée

Vous vous souvenez de mes soucis d’escargots et du bricolage que j’avais commencé?

Je me suis un peu emmêlé les pinceaux, du coup j’ai recommencé à zéro et cette fois c’est plutôt correct :

J’en ai profité pour repiquer mes salades qui commençaient à se sentir à l’étroit :

Et pour l’instant, les plantes plus délicates restent à l’intérieur, avec un petit bricolage pour les éclairer :

On termine par un moment d’admiration béate pour mes bébés lithops :

 

Passion tripes de poissons

Juste un petit mot en passant pour faire suite à mon histoire de leurres, d’empiles et de cuiller.

Image qu'elle est belle et qu'elle vient de Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Illicium_(poissons)#/media/File:Baudroie_commune.jpg
Image qu’elle est belle et qu’elle vient de Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Illicium_(poissons)#/media/File:Baudroie_commune.jpg

Les jours raccourcissent, le temps fraîchit, c’est l’hiver. Il paraît que la saison est propice à la pêche aux calamars et autres trucs en podes, du coup je suis allé m’acheter quelques turluttes (du genre de celles-ci, grands dégoutants).

Pour l’instant, c’est plutôt heureux que je ne compte pas sur ma pêche pour manger.
Histoire de maximiser un peu mes chances, je me suis fait un petit montage expérimental : Sur une longueur d’à peu près 80 centimètres de fil de 35/100, j’ai monté, sur empile, un hameçon d’une taille suffisante pour une petite daurade ou un beau macro, suivi de deux petites turluttes phosphorescente, toujours en empile.
J’ai mis au bout d’une longueur de 25/100 un plomb de 60g, histoire de pouvoir lancer plus loin que le bout de mon nez.
Pour mettre au bout de mon hameçon, j’aurai bien voulu mettre du maquereau, mais comme je ne prend pas grand chose, je suis passé chez le poissonnier me prendre une poignée d’éperlans, que je suis en train de saler et que je mettrai par petit bout pour voir si ça attire une bestiole quelconque

Le principal point d’interrogation reste ma canne, peut-être un peu courte, puisqu’elle est à 2 mètres 40, et surtout pas vraiment adapté, puisqu’à force de galèrer je me suis rendu compte qu’elle grammait à 50/90.
Voilà pourquoi je me retrouve avec un plomb de 60, ce qui n’est peut être pas plus mal pour rester au fond si ça secoue un peu.

On va quand même tenter d’aller tester ça, je me retrouve seul pour la semaine pour cause de voyage scolaire de ma moitié au pays des autres bretons. On verra ce que ça donne.

Leurres sur empiles en teaser et cuiller lourde

Qui a dit que les titres devaient avoir un rapport avec ce qui suit?

Il paraît que demain il faudrait mettre un drapeau français – modèle standard, trois couleurs – à sa fenêtre. Je n’ai pas bien compris si c’est en mémoire de ceux qui sont morts dans les attentats de Novembre, ou pour soutenir la République, la Nation, la Patrie 1 ou je ne sais quoi.
Faut dire, les actualités me parviennent par les flash info de france bleu breizh izel2 quand je pars travailler, alors que veux-tu, ma pauv’ dame, je suis pas très au point.

Qu’on me comprenne bien.
J’étais déjà au lit, en train de checker twitter avant d’éteindre ma loupiote, quand j’ai lu qu’on avait entendu des explosions autour du stade de France. Stupéfaction. Puis incrédulité. Puis peur. Peur parce que j’ai encore de la famille et des amis à Paris, susceptibles de sortir un vendredi soir, ou pire d’aller écouter des rouquins en concert. Atterré ensuite par les portraits et les noms des disparus qui ont défilé par la suite. Ecoeuré, triste, défait, abattu.

Et puis après, révolté. Révolté parce qu’on nous a demandé de mettre notre cerveau de côté pour laisser parler nos viscères. Parce que d’un coup, douter du bien fondé d’opérations militaires à l’efficacité au mieux hasardeuses, c’était être un traître au genre humain3. Dire que la réponse à ces attaques ne pouvait être que globale, politique, sociale, culturelle, c’était être un lâche. Si, si, je te jure, j’ai vu des gens pourtant raisonnables, à défaut d’avoir prouvé le contraire jusque là, passer à l’insulte face aux doutes sur les rodomontades du gouvernement.

Et puis est venu l’état d’urgence. Le transfert de pouvoir vers l’exécutif. La mise à l’écart du droit et du pouvoir judiciaire au profit de ce qui ressemble bien à un état d’exception4.

Et puis on m’a aussi expliqué qu’il fallait arrêter de construire des mosquées, parce que bon, tout le monde sait que ça vient de là, hein, quand même. Que bon, quand même, ces gens là ils étaient pas bien comme nous.

Et maintenant il faut mettre des drapeaux aux fenêtres. Pour montrer notre patriotisme, que c’est pas un gros mot tu sais. Que bon, il faut aimer son pays!

Il faut faire attention à ce qu’on met derrière un symbole. C’est le propre du symbole, qu’on puisse y mettre une multitude de sens.

Demain, toi qui mettras ton petit drapeau à la fenêtre, tu y mettras l’amour de ta famille, de tes amis. Des valeurs qu’on nous dit fonder notre République – la liberté, l’égalité, la fraternité. Tu y mettras la résistance à la violence aveugle, ton espoir dans la paix, dans l’avenir que tu veux laisser à tes enfants.

Moi, j’y verrai aussi le drapeau qui a flotté sur les colonies françaises aux quatre coins du monde, là où on inventait l’esclavage soft ou moins soft.

J’y verrai le drapeau qui fait bander les enfoirés de fascistes qui ont balancé Brahim Bouarram dans la Seine.

J’y verrai le drapeau que des milliers, des centaines de milliers, des millions de poilus ont suivi à la mort, ceux là même qui ont été fusillés quand ils ont refusé d’aller se faire massacrer pour que des gros culs planqués dans les ministères et dans les bureaux des conseils d’administrations puissent continuer leur petite vie.
Fusillés pour avoir refusé d’aller tuer des allemands à qui on avait sorti les mêmes conneries en de l’autre côté de la frontière, mais en deutsch s’il te plaît, alors c’est pas pareil.

J’y verrai le drapeau sous lequel avancent les fleurons de notre industrie quand ils retourne piller l’Afrique en faisant mine de l’aider à se développer. Tu sais, les mêmes qui licencient des hommes et des femmes qui ont passé leur vie à travailler pour remplir les poches des actionnaires. Qu’on fout dehors, bien usés, à 55 ans. Parce qu’ils ne sont plus rentables. Ou juste parce qu’il fallait montrer qu’on fait des efforts pour faire remonter le cours de l’action.

Alors tu m’excuseras, mais ce drapeau-là je le mettrai pas à ma fenêtre.
De toute façon j’en ai pas, et si j’en avais un, je m’en servirais surement pour couvrir mes bières et mes patates , parce que la bière et les légumes5 se conservent mieux à l’ombre, et la fraternité, c’est quand même plus facile avec de la bière et des frites. Ou juste des frites, si tu bois pas d’alcool.

Et puis, des morts à cause de ces cons, il y en partout. Alors il faudrait mettre les drapeaux de tous les pays du monde, hein, sauf peut être le drapeau de San Marin, parce que je crois qu’ils ont été épargnés, et puis celui du vatican, parce qu’il faudrait pas déconner non plus.

A la place, je relirai le nom des morts, de ceux qu’on connait, et pour ceux qu’on ne connait pas et bien j’inventerai des noms. Histoire qu’ils survivent un peu à la mort qu’on leur a apporté de force.

Et puis je me mettrai une chanson qui remonte un peu le moral, hein, genre l’internationale, ou bien salut à toi, tiens, elle est bien celle-là.

Tiens, je te mets un lien en cadeau.

Et puis je continuerai à aller pêcher, avec mes leurres et mes cuillers. Parce qu’il faut bien continuer à vivre.

Vivre.

Sans dieu.

Ni maître.

Et on finira tout ça dans une immense beuverie, en bouffant des galettes saucisses.

Allez, ken tuch ma vignonned (enfin, je crois).


  1. Famille et travail en option 
  2. Je prononce mal le breton si je veux d’abord. 
  3. Traitre à la patrie, je m’en fous. On a fusillé tant de gens bien sous prétexte qu’ils l’avaient trahie, la patrie, hein… 
  4. Tu sais, celui qu’aimait tant Carl Schmitt. 
  5. La patate est un légume si je veux.